antparaboles.jpg

Nous sommes au XXIème siècle. Les moyens de communication sont divers et nombreux. Du téléphone portable à Internet en passant par la télévision, la presse ou le cinéma, il semble que rien ne puisse plus empêcher les hommes de se parler et de se comprendre. Pourtant, que de difficultés rencontrons-nous dans la vie de tous les jours quand il s’agit de parler de l’état de santé de son enfant ou du sien. Il apparaît alors souvent qu’il y a un gouffre qui sépare soignants et parents ou patients, mais aussi parents ou patient et entourage, au niveau de la communication.

Combien de fois avons-nous entendu le témoignage de parents qui se sentaient culpabilisés quand, après avoir appris la malformation dont leur enfant souffrait, on leur assénait en plus la question fatale : vous fumez ? Déjà l’impuissance face à l’état de leur enfant les ébranlait, mais entendre en plus au même moment qu’ils étaient soupçonnés d’être à l’origine des soucis de leur enfant, ça devenait pour eux insupportable. Et le poison de la culpabilité se distillait encore plus rapidement que prévu. Mais cela ne s’arrête pas là, ce sont les réactions de ceux qui vous entourent, qui face à une grave malformation vous disent : « laissez faire la nature » comme si c’était si simple de se retrouver dans une situation pareille, comme si cela ne posait aucun problème à une mère ou un père de prendre des décisions.

Ce sont les phrases assassines qui vous disent que vous en faites trop et que finalement vous gâchez toutes les chances de votre enfant en prenant sa défense alors que vous savez, vous, au fond de vous même, qu’il n’y a pas le choix, que vous devez l’aider à se faire une place, quitte pour cela à affronter ceux qui ne comprennent pas la situation.

Ce sont les conflits sans fin avec l’école ou les administrations où il vous semble soudain que vous ne parlez pas la même langue et où vous souhaiteriez presque qu’ il y ait un interprète.

Ce sont ces enfants que l’on envoie consulter un tas de spécialistes en un peu n’importe quoi, car il est anormal, aux yeux de ceux qui les encadrent, qu’ils s’en sortent mal avec les escaliers ou dans la cour de l’école. Question d’éducation vous dit-on pour finalement aboutir à la conclusion que finalement, il ne peut pas. Et oui, il ne peut pas, seulement pendant ce temps là, il s’est vraiment senti stigmatisé.

Ce sont, pour ceux qui sont maintenant adultes, tous ces souvenirs où on vous disait que vous n’aviez qu’à vous bouger un peu, que vous n’aviez qu’à vous adapter. Comme s’il ne s’agissait que d’une question de volonté.
Ce sont toutes ces fois où on vous a annoncé, aux plus anciens d’entre nous, combien de temps il vous restait à vivre si vous n’acceptiez pas telle ou telle tentative de traitement.

Ou les fois où vous avez entendu : « mais vous allez très bien »  tout en vous donnant le rendez-vous suivant dans la même semaine, comme si vous n’étiez pas capable de comprendre que si cela allait si bien , vous n’auriez pas des rendez-vous aussi rapprochés...

Ce sont les fois où, fatigué, on vous a dit que ce n’était pas grave, que la science avait des réponses à tout et qu’ il n’y avait qu’à …passer sur le billard, voire se faire greffer. Et où, en vous même, vous avez pensé quelque chose du style : « mais après vous, passez donc devant … ».

Oui, vraiment, les exemples de non-communication sont nombreux. Un peu comme si il existait deux mondes faits pour ne pas se rencontrer. C’est pourtant bien le même dans lequel nous évoluons. Faisons en sorte désormais, que notre parole soit entendue et non déformée.


{mos_sb_discuss:3}