Témoignage M.Anne Voyage en Inde

... avec jubilation la rue indienne et son agitation. Pays fou où il est facile de ressentir à quel point je suis vivante et partie prenante de l'air, de la terre, de tout. Les bagages, les trajets, les fatigues après plusieurs heures de bus sont une libération face aux appels à la prudence que nous-mêmes, nous nous imposons par peur de partir ou d'oser. Etre bien avec soi-même, et pour cela, rappeler au corps qu'il doit obéir, sans le brusquer évidemment puisqu'il est le plus fort mais pas le plus important.

La ballade dans les collines de Pushkart est longue et inoubliable. Il fait très chaud, les garçons sont loin devant, les sentiers de grande randonnée n'existent pas en Inde, il faut donc se faufiler dans une végétation toute en épine - je regrette de n'être pas une chèvre - et les collines se transforment sous mes yeux en montagnes gigantesques. On cogne à tout rompre à l'intérieur de moi, mais rien ne presse, l'Inde est un pays qui laisse le temps de côté pour m'apprendre à regarder, où ne rien faire prend vraiment un sens. Au sommet une ivresse, pour moi seule, le lac de Pushkart est encore là et la plaine s'étend, sous le soleil qui écrase la fatigue. Mes deux amis ne m'ont pas attendu pour pique-niquer.

Heureusement pour eux, on meurt très vite de faim en m'attendant. Voilà pourquoi j'échappe avant chaque promenade à la corvée "sac de bouffe". Je partage des biscuits avec deux jeunes bergers, difficile de quitter ces sommets arides et je m'aperçois que la descente est moins dure physiquement mais beaucoup plus périlleuse. Nous rentrons le soir, sans énergie apparente, mais gonflés de bonheur et de vie. Demain les garçons repartent en France, moi c'est sûr, je continue seule et très libre. Les mois ont passé trop vite, l'Inde est terminée mais j'y retournerai, pour d'autres escapades, d'autres détentes, où le rythme de la vie n'est déridé que par la vie elle-même et non par les messieurs et les mesdames, non par les trucs, les bidules, les programmes, les machines à haute responsabilité, les prisons, les ordonnances, les "Il interdit d'entrer ", les réveils, les poupées barbies, les télés de 2 mètres de long. A Omkareshvar, je me suis assise près de la rivière, le silence. . m'a chuchoté à l'oreille line chanson qui parle de foi et d'amour. Elle disait que j'avais mille ans et enfin, j'ai compris ce jour-là son message. »


M.A. G 25 ans en 2001